Qu’est-ce que le Protestantisme ?

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C’est une question d’intérêt vivant et d’importance vitale pour le peuple des États-Unis.

Lorsqu’on en est arrivé au point où les protestants professés demandent au Congrès et aux tribunaux de trancher les controverses religieuses pour eux, et de promulguer des lois pour faire respecter les dogmes de leur église, et lorsqu’ils insistent pour appeler les troupes pour imposer au peuple, à la pointe de la baïonnette, la reconnaissance et le respect des observances religieuses, alors il est temps, et il est approprié, de se demander : « Est-ce cela le protestantisme ? »

À la seconde Diète de Spires, tenue en 1529, fut présentée la Protestation, qui fut à l’origine, et donna à ceux qui la firent, le titre et le nom de protestants.  Et en résumant cette protestation, l’historien en énonce les principes comme suit :

« Les principes contenus dans la célèbre protestation du 19 avril 1529 constituent l’essence même du protestantisme. Or, cette protestation s’oppose à deux abus de l’homme en matière de foi ; le premier est l’intrusion du magistrat civil ; le second, l’autorité arbitraire de l’église. Au lieu de ces abus, le protestantisme place le pouvoir de la conscience au-dessus du magistrat, et l’autorité de la parole de Dieu au-dessus de l’église visible. En premier lieu, il rejette le pouvoir civil dans les choses divines, et dit, avec les prophètes et les apôtres : » Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. » En présence de la couronne de Charles Quint, elle élève la couronne de Jésus-Christ. »[1]

Les responsables du dimanche [de l’Exposition universelle] affirment que le dimanche est le sabbat chrétien, qu’il est la grande charte de leur religion, qu’il est en fait la citadelle même de leur foi. Et ils prétendent être protestants. Se sont-ils opposés à l’intrusion du magistrat civil dans cette grande question de leur religion ? Non, en effet. Tout le monde sait qu’ils étaient si loin de s’opposer à toute intrusion du magistrat civil qu’ils ont effectivement et par la menace exigé de l’autorité civile qu’elle s’immisce dans la discussion et la décision de la question et dans la promulgation d’une loi exigeant son respect, et qu’ils ont également exigé des tribunaux qu’ils s’y immiscent lorsque l’acte du Congrès était remis en question, et qu’ils ont en outre demandé à l’exécutif de s’immiscer davantage dans l’autorité civile par la force des armes. Tout cela, ils l’ont fait sous les yeux de tout le peuple.

Or, comme il est de l’essence même du protestantisme de s’opposer à l’intrusion du magistrat civil dans les choses religieuses, et comme ils s’y sont opposés, il s’ensuit clairement qu’ils ne sont pas protestants, et que leur mouvement et leur œuvre ne sont pas du protestantisme. Comme il est de l’essence même du protestantisme de s’opposer à l’intrusion du magistrat civil dans les choses religieuses, et comme les personnes engagées dans le mouvement du dimanche, professant être protestantes, non seulement ne s’y sont pas opposées, mais ont en fait exigé l’intrusion de tout le pouvoir magistral du gouvernement des États-Unis sous la menace, il s’ensuit que les personnes qui se sont engagées dans ce mouvement de la loi du dimanche ne sont pas du tout protestantes, et que ni leur mouvement ni leur œuvre ne sont du protestantisme dans aucun sens.

Deuxièmement, il est de l’essence du protestantisme de s’opposer à « l’autorité arbitraire de l’église ».

Or, pour l’observation du dimanche, il n’y a d’autre autorité que l’autorité arbitraire de l’église. Non seulement les partisans de la loi du dimanche le savent, mais ils le disent ouvertement. L’American Sabbath Union elle-même, dans l’une de ses publications officielles, en réponse à un appel à citer un commandement de Dieu pour l’observation du dimanche, dit clairement : « Nous admettons qu’un tel commandement n’existe pas ». La Woman’s Christian Temperance Union, également dans l’une de ses propres publications, s’enquérant du changement de jour du sept au premier, dit que « le Christ ne l’a pas commandé ». Il y a d’autres déclarations de ce genre, trop nombreuses pour être citées ici. […] Eh bien, alors, comme ils savent qu’il n’y a aucun commandement de Dieu pour l’observation du dimanche, et que le « seul pouvoir de l’église » est celui qui exige son observation, c’est une preuve en soi que la seule autorité pour cela est l’autorité arbitraire de l’église.

Mais plus encore. Même si le Christ l’avait ordonné, le fait pour l’Église d’exiger et de forcer les hommes à l’observer par la loi ne serait rien d’autre que d’affirmer l’autorité arbitraire de l’Église, car le Christ lui-même a dit : « Si quelqu’un entend mes paroles et ne croit pas, je ne le juge pas ». Puisque, par conséquent, le Christ laisse chaque homme libre d’observer ou non ses paroles, l’Église, en obligeant un homme à les observer, se place au-dessus du Christ et fait ce qu’il ne fait pas. Et cela ne fait qu’affirmer l’autorité arbitraire de l’église. Ainsi, qu’il y ait ou non un commandement de Dieu pour l’observation du dimanche, le résultat est le même : faire ce que les Églises professées protestantes des États-Unis ont fait et font, en exigeant l’observation du dimanche pour tous par la loi, n’est rien d’autre que d’affirmer la légitimité de l’autorité arbitraire de l’Église.

Mais c’est l’essence même du protestantisme que de s’opposer à l’autorité arbitraire de l’église. Par conséquent, comme les protestants professés des États-Unis ne se sont pas opposés à l’autorité arbitraire de l’église dans cette question de l’observation du dimanche, il s’ensuit clairement qu’ils ne sont pas protestants. Et comme il est de l’essence du protestantisme de s’opposer à l’autorité arbitraire de l’église, et que ces protestants professés non seulement ne se sont pas opposés à cette autorité, mais l’ont affirmée et la maintiennent encore, il s’ensuit indubitablement qu’ils ne sont pas du tout protestants, et que ni leur mouvement ni leur travail ne sont du protestantisme dans aucun sens.

Cela prouve que s’opposer au mouvement du dimanche dans toutes ses parties, s’opposer aux lois sur le dimanche dans toutes leurs phases, s’opposer et nier le droit des congrès, ou des tribunaux, ou des exécutifs, de toucher à la question de l’observation du dimanche, ou à toute autre question religieuse, de quelque manière que ce soit, et rejeter entièrement l’autorité de toute action de ce genre lorsqu’il est affirmé que ceci et ceci seulement est le protestantisme. Même en admettant que le dimanche soit le sabbat, ceux qui l’observent ne peuvent être protestants qu’en s’opposant à toute intrusion du magistrat dans la question, en s’opposant à toute tentative de l’Église d’exiger sa reconnaissance ou son observation par la loi, et en affirmant leur propre droit individuel de l’observer comme ils l’entendent, sans aucune contrainte ou interférence de qui que ce soit. Cela seul est le protestantisme.

C’est la vérité vivante, présente et absolue. Il n’y a aucune remise en cause de celle-ci. « Le protestantisme place le pouvoir de la conscience au-dessus d’un magistrat », même si ce magistrat se dit chrétien et protestant et se propose de faire respecter le « sabbat chrétien ». « Le protestantisme place l’autorité de la parole de Dieu au-dessus de l’Église visible », même si l’Église se dit protestante. Le protestantisme « rejette le pouvoir civil dans les choses divines et dit, avec les prophètes et les apôtres, qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes », et cela aussi comme Dieu le commande, et non comme les hommes le commandent, ni comme les hommes disent que Dieu le commande. Le protestantisme s’oppose et rejette toute intrusion humaine, qu’il s’agisse du magistrat ou de l’ecclésiastique, entre l’âme et Jésus-Christ, et maintient éternellement le droit divin de l’individu de pratiquer son culte selon les préceptes de sa propre conscience, exercés par son libre choix.

C’est le protestantisme ; et le véritable protestantisme, en ce qui concerne cette question, est l’opposition constante, inébranlable, sans compromis, à toute forme de législation sur le dimanche, ou toute autre législation religieuse, et à toute interférence ou contrôle des ecclésiastiques dans les affaires du gouvernement. On a besoin aujourd’hui de protestants pour protester contre ce protestantisme apostat qui porte maintenant les choses d’une main si haute.

Traduit à partir de Signs of the Times, Vol.20, Num. 18, 1894, écrit par A. T. Jones.

 

[1] D’Aubigné, Hist. Ref., livre 13, chap.6.

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